Coupe du monde 2026 : Vancouver craint un déplacement forcé de ses sans-abri

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À Vancouver, qui accueillera sept matchs du Mondial 2026, les associations et les personnes sans domicile redoutent une opération de « nettoyage » du centre-ville. Un scénario similaire s'était déjà produit lors des Jeux d'hiver 2010 dans la métropole canadienne.

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Analyse de la situation

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Notre analyse
Le Mondial risque de servir de prétexte à des mesures d'exclusion sociale dans une ville déjà fragilisée par une crise de l'homelessness.

Les préparatifs de la Coupe du monde 2026 suscitent des inquiétudes grandissantes à Vancouver. Alors que le BC Place, principal stade de la métropole de l’ouest canadien, doit accueillir sept rencontres de la compétition mondiale, les populations les plus vulnérables craignent une marginalisation orchestrée. Sean, un homme de 46 ans vivant depuis deux ans dans les rues de Vancouver, raconte son expérience : des employés municipaux lui ont conseillé de s’éloigner de la zone du stade, lui laissant entendre que les autorités souhaitent nettoyer le quartier avant l’événement.

Ce qu'il faut retenir

Depuis quelques semaines, les visites des agents de la ville se multiplient autour du Cambie Bridge, à proximité immédiate du BC Place. Les sans-abri sont systématiquement invités à ramasser leurs affaires et à quitter les abords du stade. Pour ces résidents des rues, le message est clair : la municipalité veut présenter une image lisse de Vancouver au monde entier, loin de ses réalités sociales les plus difficiles.

Cette situation rappelle des précédents inquiétants. Lors des Jeux olympiques d’hiver 2010, également organisés à Vancouver, les populations sans logis avaient déjà connu un déplacement massif hors du centre-ville. Les craintes actuelles s’enracinent dans cette mémoire collective d’exclusion forcée au nom de l’image de marque urbaine.

Le contexte social de Vancouver rend ces appréhensions particulièrement légitimes. Le dernier recensement municipal, effectué en 2025, a identifié près de 5 200 personnes vivant sans domicile dans l’agglomération vancouvéroise. Ce chiffre révèle une aggravation préoccupante : en seulement cinq ans, la population des sans-abri a augmenté de plus d’un tiers. Malgré cette explosion, le quartier de Downtown Eastside, l’une des zones les plus touchées, ne semble pas être une priorité politique avant le Mondial.

Le contraste est saisissant : à quelques encablures des restaurants et des bars tendance de Gastown, Downtown Eastside concentre les difficultés d’une ville où le nombre de personnes sans domicile par habitant est parmi les plus élevés du Canada. Cette disparité invite à s’interroger sur les priorités réelles des autorités locales.

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Source : Le Monde
✍️ À propos de l'auteur
Journaliste · Onze Gones

Journaliste pour Onze Gones, spécialiste du football français, de l'OL et des coulisses du mercato.

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