Grégory Lorenzi s'apprête à quitter Brest après dix ans pour devenir directeur sportif de l'OM. Le Corse devra affronter un environnement volatil, des contraintes budgétaires strictes et un effectif à restructurer en profondeur.
Un passage du Finistère à la Canebière qui ressemble davantage à un test de résilience qu'à une promotion douce.
À 42 ans, Grégory Lorenzi va découvrir un univers radicalement différent de celui qu’il a façonné à Brest. Successeur de Medhi Benatia au poste de directeur sportif, le futur ex-Brestois héritera d’une institution sous tension, où les dirigeants se sont succédé sans toujours y laisser une bonne trace. L’environnement marseillais, réputé pour son exigence et ses turbulences, constitue son premier obstacle majeur.
Ce qu'il faut retenir
Plusieurs observateurs expriment des doutes quant à sa capacité à naviguer dans ce contexte. Un ancien directeur confie que le passage de Brest à Marseille représente « un monde » d’écart, notamment en termes de pression. Un proche du vestiaire questionne même son « autorité naturelle ». Pourtant, Olivier Dall’Oglio, ancien entraîneur de Brest sous Lorenzi, défend le pari : « C’est une suite logique pour sa carrière. Il a les épaules pour. »
Sur le plan financier, Lorenzi devra gérer une cure d’austérité drastique. L’OM reposait largement sur la Ligue des champions, qui lui a rapporté une cinquantaine de millions d’euros cette saison. Sans cette manne européenne, et avec un déficit record de 105 millions l’année précédente, le club olympien serrera les cordons de la bourse. Lorenzi, qui a dépensé 54 millions en dix ans à Brest contre le double cette seule saison à Marseille, devra faire preuve d’inventivité.
L’effectif pose la question la plus urgente. Des retours de prêt (Meïté, Cornelius, Gomes, Moumbagna, Maupay) devront être gérés. Des éventuelles résiliations de contrats et des ventes de cadres s’annoncent. Avant même son arrivée officielle, des offres ont circulé pour Quinten Timber et Igor Paixao. Mason Greenwood et Leonardo Balerdi figurent parmi les plus grosses valeurs marchandes susceptibles de partir.
Il repartira de zéro, c’est le flou total. Et a-t-il l’aura internationale et le réseau nécessaires ?
Proche du groupe
Un mercato agité s’annonce. Des joueurs ont déjà demandé des rendez-vous avec la direction. D’autres, prêtés ou en discussion pour une prolongation, attendent des nouvelles. Cette reconstruction représente le premier grand test pour Lorenzi, habitué aux coups à moindre prix et à la science du « money-time ». Brest lui a forgé une réputation de gestionnaire efficace. Marseille mesurera sa capacité à l’appliquer sous pression.
Source : Lequipe
