John Textor en débâcle au Brésil : Botafogo croule sous les dettes après le sacre de 2024

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Écarté de l'Olympique Lyonnais, John Textor accumule les revers au Brésil où son club Botafogo, champion en 2024, traverse une crise financière majeure. Le magnat américain, désavoué par la direction, voit son empire s'effondrer avec une dette dépassant les 460 millions d'euros.

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Analyse de la situation

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Notre analyse
La chute de John Textor illustre comment une gestion chaotique peut transformer rapidement un succès sportif en débâcle financière.

La trajectoire de John Textor au Brésil ressemble à un conte de fées devenu cauchemar. En 2024, l’homme d’affaires américain de 60 ans était adulé par les supporters brésiliens après que Botafogo, le club de Rio qu’il avait acquis deux ans plus tôt, réalise un exploit rarissime : remporter simultanément le titre de champion du Brésil et la Copa Libertadores. Une année dorée qui semblait consacrer la vision de Textor et son modèle de gestion.

Ce qu'il faut retenir

Cet élan triomphal n’aura duré que quelques mois. Écarté de la direction de l’Olympique Lyonnais l’année précédente, Textor voit désormais son projet brésilien s’effondrer sous le poids des difficultés financières. La situation à Botafogo est devenue critique : la dette du club atteint 2,7 milliards de reais, l’équivalent d’environ 460 millions d’euros selon les rapports officiels. Ces chiffres vertigineux révèlent une gestion calamiteuse des finances.

Le mois dernier, un tribunal arbitral a déjà écarté Textor de la direction du club. La semaine suivante, la SAF Botafogo (société anonyme gérant le club) lui a porté un coup supplémentaire en le désavouant publiquement. Dans un communiqué cinglant, elle l’accuse de s’être « absolument pas préoccupé de la stabilité financière et institutionnelle » du club, le plongeant dans une situation « extrêmement fragile ». Les problèmes de trésorerie sont tellement aigus que la direction a dû recourir à un emprunt simplement pour financer les salaires du mois de mars.

Textor, ancien propriétaire du conglomérat Eagle Football Holdings Bidco qui englobait également l’OL et l’équipe belge de Molenbeek, prétend avoir trouvé un accord avec Ares, le principal créancier d’Eagle Bidco, pour un « apport de capital ». Cependant, il ne fournit aucun détail concret. De son côté, Eagle Bidco a été placé sous administration judiciaire en Angleterre en mars.

Botafogo reçoit parallèlement une offre du fonds d’investissement américain GDA Luma, spécialisé dans les actifs à risque, qui envisage de devenir actionnaire majoritaire. Ce fonds a notamment investi dans le Cirque du Soleil lors de sa phase critique. Le club pourrait être placé en redressement judiciaire, une procédure qui permettrait de restructurer radicalement la dette tout en assurant la survie de l’institution.

Les conséquences sportives sont visibles. Interdit de transferts, Botafogo végète actuellement en milieu de tableau du championnat brésilien. Les meilleurs joueurs de la saison 2024, comme Thiago Almada et Luiz Henrique, ont quitté le club. La justice brésilienne a condamné l’OL à verser 20,8 millions d’euros à Botafogo pour dettes impayées en avril dernier.

Le club vient de nommer Eduardo Iglesias, un économiste de 31 ans ayant travaillé chez Eagle Bidco, au poste de directeur général. Iglesias, qui a collaboré avec Textor avant une brouille récente, incarne cette tentative de sauvetage. Du héros au businessman en disgrâce, la chute aura été spectaculaire.

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Source : Le Progres OL
✍️ À propos de l'auteur
Journaliste · Onze Gones

Journaliste pour Onze Gones, spécialiste du football français, de l'OL et des coulisses du mercato.

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