Convoqué lundi par Carlo Ancelotti pour la Coupe du monde 2026, Neymar dispute son quatrième Mondial à 34 ans. Après deux années et demie d'absence, le buteur mythique de la Seleçao entame sa probable dernière grande aventure internationale.
Un pari audacieux d'Ancelotti sur l'expérience et la résilience face aux doutes physiques persistants.
Le suspense prend fin. Depuis des mois, le Brésil retient son souffle : Neymar parviendra-t-il à franchir les obstacles physiques qui l’ont rongé pour rejoindre la Coupe du monde 2026 ? Lundi 18 mai, Carlo Ancelotti a apporté sa réponse en le nommant dans sa liste de sélectionnés. L’ancien attaquant de Barcelone et du Paris Saint-Germain, usé par les blessures à répétition, effectuera son grand retour sur la scène internationale après une absence de plus de deux ans et demi. À 34 ans, il affrontera probablement son dernier rendez-vous planétaire avec les trois étoiles.
Ce qu'il faut retenir
La nouvelle a déclenché une vague d’émotions dans tout le pays. Lors de l’annonce officielle au Musée de demain à Rio de Janeiro, le nom de Neymar a provoqué des applaudissements si prolongés qu’Ancelotti a dû marquer une pause avant de continuer la lecture de son effectif. Sur les réseaux sociaux, l’attaquant lui-même a exprimé son soulagement et sa joie par une vidéo où il répétait : « J’y suis ! J’y suis ! »
Ce retour en sélection symbolise bien plus qu’une simple convocation. Il représente l’aboutissement d’une bataille personnelle menée dans l’ombre. Après deux années quasi blanches à Al-Hilal en Arabie saoudite, Neymar a choisi de revenir à ses racines en 2025, rejoignant Santos, le club qui l’a formé. Depuis, malgré les déboires physiques persistants, il s’est battu pour se rendre indispensable. Opéré du genou à la fin décembre, il a progressivement retrouvé du temps de jeu, jouant un rôle clé dans le maintien de son équipe en première division la saison passée.
Dimanche, au lendemain de la défaite de Santos contre Coritiba (3-0), Neymar avait rassuré la presse : « Physiquement, je me sens très bien. J’ai fait le maximum, et ça n’a pas été facile. J’ai travaillé dur, en silence, en souffrant de ce que les gens disaient sur moi. »
Nous avons suivi Neymar tout au long de l’année et nous avons constaté que, ces derniers temps, il a joué régulièrement et que sa condition physique s’est améliorée. Nous pensons que c’est un joueur important.
Carlo Ancelotti
Ancelotti, nommé sélectionneur en mai 2025, n’avait jamais fait appel à l’attaquant jusqu’à présent. Cette convocation marque donc un tournant stratégique. L’entraîneur italien reconnaît implicitement que Neymar, malgré les craintes récurrentes, possède les capacités physiques et mentales requises pour affronter le Mondial nord-américain. Avec 79 buts en 128 sélections, Neymar reste le meilleur buteur de l’histoire de la Seleçao, surpassant la légende Pelé de deux buts.
Le contexte de cette Coupe du monde ne pourrait être plus délicat pour le Brésil. Privés du Madrilène Rodrygo, blessé au genou droit, les Brésiliens misent sur une attaque combinant l’expérience de Neymar à la jeunesse de Endrick, le talent du Barcelonais Raphinha, en retour de blessure, et la puissance de Vinicius Jr du Real Madrid. En défense, les quintuples champions du monde bénéficient d’une stabilité avec Marquinhos, Alisson et Bruno Guimaraes.
Notablement absent de la liste, le défenseur vétéran Thiago Silva, 41 ans, n’a pas été retenu. Le champion du monde 2002 aurait pu remplacer Eder Militao, opéré d’une cuisse, mais Ancelotti a privilégié d’autres options.
En phase de groupes, le Brésil affrontera le Maroc, l’Écosse et Haïti au sein du groupe C. Avant le coup d’envoi de la compétition, prévue du 11 juin au 19 juillet, l’équipe disputera deux matchs amicaux : l’un à Rio contre le Panama le 31 mai, l’autre face à l’Égypte le 6 juin à Cleveland. Depuis la prise de fonctions d’Ancelotti, le Brésil affiche un bilan mitigé de dix rencontres : cinq victoires, deux nuls et trois défaites, la dernière contre la France (2-1) en mars.
Neymar lui-même a évoqué un possible départ à la fin de l’année 2026, laissant entendre que ce Mondial pourrait constituer son dernier acte sur la scène mondiale. Avec un contrat à Santos courant jusqu’à la fin de l’année, il a confié en février : « Je ne sais pas ce qui va se passer à l’avenir, l’an prochain. Il se pourrait qu’en décembre j’aie envie de prendre ma retraite. »
La présence de Neymar dans cet effectif brésilien relève donc du pari et de la confiance. Pari sur un corps qui a traversé trop d’épreuves, confiance en la volonté d’un champion d’écrire un dernier chapitre glorieux de sa carrière internationale. Tout dépendra désormais de sa capacité à rester disponible et performant durant les trois semaines cruciales qui l’attendent.
Source : Le Monde CDM
